ILS
ONT TUÉ MON AÏEULE !
Le dimanche 04 juin 1758, pendant la guerre de
sept ans, un coup de canon tiré de Fort la Latte,
annonce l'arrivée de la flotte anglaise.
Le lendemain, 115 navires mouillent dans la baie de
Cancale et 4000 combattants en débarquent. Le marquis de
La Châtre, venu s'opposer au débarquement avec 800
hommes, s'aperçoit que tout combat est inutile; il préfère
garder ses soldats pour la défense de St Malo, objectif
des Anglais.
Ces derniers, sous les ordres du duc de Marlborough, s'établissent
dans diverses paroisses du Clos-Poulet et occupent les
villages. Les habitants prennent la fuite et se réfugient
en des lieux plus sûrs. C'est ainsi qu'à Bonaban,
Jeanne Roger, la jeune épouse de Joseph Melé de
Cancale, accouche d'un fils "en
fuyant l'ennemi".
Le mercredi 07 juin, l'armée anglaise marche sur St Malo.
A Paramé, 3000 ennemis s'établissent et incendient
quatre-vingts vaisseaux mouillés dans les ports
alentours.
Dans tous les villages traversés par la troupe ennemie,
c'est le désastre: incendies, pillages, viols. Des
personnes sans défense sont massacrées. Ainsi à Cancale, au
village de Terrelabouet, mon aïeule, Guillemette
Paillace, 88 ans, veuve de François Collet, sieur de
Beauverger, est tuée. La pauvre femme est enterrée dans
un jardin le 08 juin avant qu'une sépulture plus digne
lui soit réservée dans le cimetière... cinq ans plus
tard !
Les ennemis lèvent l'ancre le 12 juin sans avoir pu
entrer dans St Malo, défendue par le Duc d'Aiguillon,
gouverneur de Bretagne.
Le 04 septembre les Anglais reviennent : 12.000 à 13.000
hommes débarquent à St Lunaire, toujours dans
l'intention de détruire St Malo.
Confronté à de nombreuses difficultés , le général
anglais Bligh décide de rejoindre sa flotte , réfugiée
dans la baie de St Cast.
Le 11 septembre, Français et Anglais s'affrontèrent au
cours d'une bataille qui entraîna de lourdes pertes dans
les deux camps.
Sources :
Registres paroissiaux de La
Gouesnière, Bonaban, Cancale.

Colonne élevée à St Cast,
sur les lieux du combat du 11 septembre 1758
(édition // - vers 1920 - cpa 1918)
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